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L'extraordinaire aventure des Sauternes et Barsac fait partie de l'Histoire des vins de Bordeaux.
Avec le temps, les vignerons ont mis au point les savoir-faire adaptés à leur terroir. Toujours, ils ont eu pour objectif de satisfaire l'attente de ceux qui apprécient les bonnes choses.

Au début des temps modernes la viticulture s'est transformée. Les vins se sont diversifiés. Chacun d'entre eux a développé particularité qui les a caractérisé.

Les Sauternes et Barsac ont contribué dès l'origine à cette révolution de la qualité qui a été provoquée par le raffinement spectaculaire du goût dans toute l'Europe.

Au XVIIe siècle, les marchands Hollandais, étaient très influents dans la région de Sauternes. Grands amateurs de vins blancs, ils furent les premiers à favoriser leur production.

Les techniques ont évolué. La volonté d’améliorer la qualité a incité les vignerons à laisser murir les raisins. Ainsi, les vendanges ont été progressivement retardées. Les effets bénéfiques du Botrytis sont apparus. Plus tard, au XVIIIe siècle, a été expérimenté l’usage beaucoup plus pointu des tries successives.

Il fallut également maîtriser les techniques de conservation : une nécessité pour répondre aux habitudes de consommation toujours plus raffinées.
Pour les Sauternes et Barsac, la consécration arriva au XIXe siècle lorsque les cours princières d'Europe découvrirent les Sauternes et rendirent populaire le goût d'en consommer. 

La réputation des Sauternes était déjà bien établie en 1825, lorsque le grand gastronome Brillat-Savarin, associait le Sauternes au plaisir de la table.
Il raconte cette petite histoire qui est très significative de la place que le Sauternes occupait dans la cuisine française.

Les convives « sourirent de plaisir quand ils virent la table prête, du linge blanc, trois couverts mis, et à chaque place deux douzaines d’huîtres, avec un citron luisant et doré.
Aux deux bouts de la table s’élevait une bouteille de vin de Sauterne (sic.), soigneusement essuyée, fors le bouchon, qui indiquait d’une manière certaine qu’il y avait longtemps que le tirage avait eu lieu. »

Brillat Savarin, Physiologie du goût, 1825.
Pour les vignerons, cette évolution n’a pas été sans hésitation, échecs et désillusions... surprises inespérées aussi lorsque la réussite fut au rendez-vous.

C’est toute cette longue histoire qui est retranscrite en quelques mots dans les deux légendes que la région se transmet de génération en génération.

La première de ces légendes raconte qu'en 1836, un négociant bordelais d’origine allemande propriétaire du Château La Tour Blanche à Bommes, a attendu la fin de longues pluies automnales pour vendanger. Une fois le soleil revenu, les grappes se sont desséchées, la pourriture devint noble et développa un vin à la douceur délicieuse. La réussite de ce premier millésime vraiment liquoreux serait donc le fruit du hasard... mais surtout de la confiance porté à l'usage des tries, déjà connues sur les bords du Rhin !

La seconde légende se situe en 1847. Le Marquis de Lur-Saluces, propriétaire d’Yquem, retenu en Russie, ordonna de l'attendre pour vendanger. À son retour, les raisins étaient trop mûrs. Il décida malgré tout d'élaborer son vin à partir de ces raisins qui avaient une apparence pourrie. Le résultat de cette cuvée donna au vin un bouquet aromatique d’une grande richesse. Patience et détermination ! Voila les deux vertus nécessaires aux vignerons de Sauternes. 

C'est donc l'origine des Sauternes et Barsac. 
Deux légendes dignes des plus grandes histoires...